De violents orages accompagnés de fortes chutes de grêle ont ravagé de nombreuses parcelles agricoles ce dimanche 10 mai dans le Gers. Selon un premier bilan communiqué par la Chambre d’agriculture, près de 20 000 hectares ont été endommagés. Le président de la Chambre d’agriculture appelle à une réaction rapide de l’État et à un élan de « solidarité locale » pour soutenir les agriculteurs touchés.
Un énième coup dur pour le monde agricole gersois. Le département a été touché par un violent épisode orageux ce dimanche 10 mai. En plus de fortes rafales de vent, d’importantes chutes de grêle se sont abattues sur plusieurs secteurs du territoire. Des champs entièrement blanchis par la grêle témoignent de la violence de l’épisode.
Les intempéries ont durement frappé plusieurs zones du Gers, notamment sur l’axe Lupiac–Roquelaure, causant des dégâts considérables sur les cultures agricoles. Dans certaines exploitations, tout a été détruit en l’espace de quelques minutes. Un premier bilan communiqué par la Chambre d’agriculture ce lundi 11 mai fait état de « 19 000 hectares ravagés par la grêle ». Les équipes de la Chambre d’agriculture indiquent être pleinement mobilisées pour répondre aux attentes des agriculteurs, recenser les dégâts et les mettre en lien avec les personnes et structures compétentes, notamment sur les plans psychologique et économique.
"Une triple peine"
Cet épisode intervient dans un contexte déjà critique pour le monde agricole, en raison de l’explosion des coûts de production. « Le manque à gagner était déjà présent dans nos exploitations du fait de l’explosion des coûts de production. Mais c’est la triple peine qui s’applique aujourd’hui à nos agriculteurs du Gers violemment touchés par l’épisode orageux d’hier soir. Tous les semis sont à refaire, toutes les cultures d’hiver sont à terre et la nourriture pour les éleveurs va grandement manquer dans les prochaines semaines, puisqu’aucun stock d’hiver ne pourra être constitué, alors que toutes les structures sont d’ores et déjà sur une brèche économique majeure », déplore le président de la Chambre d’agriculture du Gers, Lionel Candelon.
Il appelle dès aujourd’hui Annie Genevard, ministre chargée de l’Agriculture, à débloquer « un fonds d’urgence nécessaire à la survie des agriculteurs qui exploitent ces 20 000 hectares ». La Chambre d’agriculture réclame également, pour la zone sinistrée, une année blanche au niveau des cotisations MSA ainsi qu’une exonération de la taxe foncière sur le non bâti.
Dans cette nouvelle période difficile à traverser pour la filière agricole gersoise, le président de la Chambre d’agriculture appelle à un grand élan de solidarité.
« La solidarité doit s’installer à tout prix, que ce soit pour prêter main-forte aux agriculteurs, pour resemer, ou encore pour mettre à disposition les jachères situées dans des zones non touchées afin de produire de la nourriture pour les éleveurs. Il faut également mettre à disposition des parcelles fourragères pour ces éleveurs qui n’auront plus rien pour la campagne 2026-2027. Il est important que la mobilisation et l’entraide soient à la hauteur des enjeux. »
Alain Castanier, préfet du Gers, est attendu ce soir, accompagné d’agents de la DDT, sur une exploitation viticole à Roquelaure sinistrée par l’épisode climatique.