Manifestation des agriculteurs à Toulouse : la réaction de Lionel Candelon

Au lendemain de la manifestation agricole en centre-ville de Toulouse émaillée par des échauffourées entre agriculteurs et CRS, le président de la chambre d'Agriculture du Gers, Lionel Candelon-Bonnemaison, réagit ce mercredi. Il dénonce l'utilisation « disproportionnée » de la force par le préfet de région et apporte son soutien aux agriculteurs blessés, parmi lesquels cinq gersois.

Hier soir les agriculteurs d'Occitanie et particulièrement ceux du Gers ne sont pas tous rentrés sains et saufs de la manifestation toulousaine. Nos agriculteurs gersois, respectant scrupuleusement les consignes de manifestation en se rendant à pied aux allées Jean-Jaurès toulousaines aux alentours de 9 h pour un début de manifestation prévu à 10 h, se sont vus pris à parti violemment vers 9 h 45 par les forces de l'ordre.
Sans la moindre sommation, ils ont été chargés à plusieurs reprises, à grands coups de matraques, de coups de pied et de bouclier sans parler des grenades de désencerclement et du gaz lacrymogène. Nous avons tous vu ce CRS (sans son numéro RIO) s'illustrer particulièrement par la violence de ses coups de matraque et qui, à lui seul, a blessé cinq de nos agriculteurs du Gers.
J'adresse également aujourd'hui toute ma compassion et tous mes mots de soutien à l'agriculteur de la Haute-Garonne de la FDSEA 31 qui a été particulièrement blessé notamment au niveau du visage avec pas moins de dix points de suture.
Côté gersois, nous dénombrons deux agriculteurs particulièrement touchés au visage ainsi que sur la partie crânienne pour l'un, et pour trois autres des brûlures au premier et deuxième degré suite aux projectiles des grenades.
Le monde agricole ne peut tolérer ces violences, notamment lors d'une manifestation qui débutait à peine. Je rappelle que depuis des mois, lorsque les agriculteurs du Gers manifestent, aucun policier n'a été blessé ni pris violemment à partie. Je rappelle que toutes les conditions étaient réunies de leur part pour que la manifestation se déroule dans les meilleures conditions et dans le calme. Il est clairement intolérable que nos agriculteurs ne puissent pas manifester sans être blessés ou victime de la répression de l'État et particulièrement de la violence des forces de l'ordre. J'espère que les agriculteurs blessés en possession des rapports des pompiers sur place ainsi que des vidéos prises par les médias, pourront engager des plaintes pour blessures volontaires et que la justice pourra leur être rendue.
Notre Préfet de région est clairement responsable des événements que nous avons tous vus hier notamment par la mise en place d'un dispositif totalement lunaire que nous n'avons vu ni à Paris le 13 janvier dernier ni à Strasbourg le 20 janvier dernier. Sous couvert que les manifestations particulièrement en Occitanie se seraient chiffrées en millions d'euros durant le mois de décembre, le Préfet de région Occitanie se couvre quant à l'utilisation disproportionnée de la force. Il est bon de rappeler qu'une remorque vidée n'a jamais blessé un policier contrairement à un coup de matraque en pleine tête qui lui provoque des blessures et marque quelqu'un à vie.
Je demande à ce que le ministre de l'Intérieur fasse la lumière sur les événements d'hier à Toulouse que nous ne pouvons tolérer au sein de notre profession agricole.
J'adresse une nouvelle fois toute ma compassion la plus sincère à nos paysans blessés et également au sang-froid que les autres agriculteurs ont eu sur place afin de ne pas entrer dans l'escalade de la violence et de ne pas répondre à celle-ci. J'espère que les excuses de la part de l'État seront adressées à chaque agriculteur présent hier à Toulouse venu simplement défendre son métier.
Nos agriculteurs ne sont en rien des ‘black bloc’ ou des casseurs et pourtant nous pouvons tous constater aujourd'hui que le traitement qu'ils ont reçu est bien pire face à des paysans que face à des personnes violentes.

Rédaction