Alors que l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse continue de se propager en France, la colère du monde agricole monte contre l’abattage systématique des troupeaux. À Lectoure, le conseil municipal a adopté à l’unanimité une motion de soutien aux éleveuses et éleveurs, dénonçant une réponse jugée disproportionnée et appelant l’État à agir rapidement en faveur de la vaccination.
La Lomagne gersoise, au soutien du monde paysan. Alors que les agriculteurs se mobilisent contre la politique d’abattage total des animaux dans les élevages déclarés foyers, la contestation prend de l’ampleur et touche l’ensemble du département. Jusqu'à Lectoure, où un barrage filtrant a été mis en place sur la route nationale 21, à l’intersection de la route de Saint-Clar, par les agriculteurs du territoire, mardi matin. Le maire de Lectoure, Xavier Ballenghien, s’est rendu sur place pour témoigner de son soutien au monde agricole.
La veille, le conseil municipal a voté à l’unanimité une motion de soutien aux éleveuses et éleveurs, à l’initiative du maire. Le texte dénonce « le caractère inacceptable de la violence de l’abattage total » dans les élevages touchés, rappelle le poids essentiel de l’élevage dans l’économie agricole locale et souligne son rôle déterminant dans la vitalité des commerces et de l’emploi sur le territoire. La motion met également en lumière les difficultés économiques auxquelles sont confrontées de nombreuses exploitations et insiste sur l’enjeu majeur du renouvellement des générations agricoles. Le conseil municipal demande à l’État un accès rapide à la vaccination, avec une mise en œuvre opérationnelle immédiate, et réclame la fin de l’abattage systématique, estimant que seuls les animaux malades doivent être euthanasiés.
Appel au calme
Tout en affichant sa solidarité avec les éleveurs victimes de la maladie, la ville de Lectoure appelle toutefois au calme. Elle demande aux agriculteurs de ne pas dégrader les bâtiments de l’État, « patrimoine commun et symbole de la République », et de poursuivre le dialogue sans violence, dans un esprit d’unité syndicale et de respect des institutions. « Je soutiens la mobilisation des agriculteurs, grâce à qui nos territoires ruraux vivent, tiennent, résistent et se dynamisent », affirme Xavier Ballenghien. « Les troupeaux représentent la vie d’un éleveur. Lorsqu’on lui enlève tout son cheptel, on l’asphyxie. » Le maire rappelle également que l’agriculture française traverse une crise profonde depuis celle de la vache folle et appelle l’État, ainsi que la ministre de l’Agriculture, à entendre la souffrance du monde paysan et à engager un dialogue respectueux.
N.M