Hautes-Pyrénées : une IRM et un scanner à Vic-à-Bigorre, l'offre médicale du territoire s'étaye

La Maison de Santé de Vic-en-Bigorre s'étend cet été. Une IRM entrera en service le 17 août avant l'arrivée d'un scanner en septembre. Une offre relativement rare pour une commune de cette envergure, au sein d'une communauté de communes rurale.

Une IRM et un scanner pour 24 000 habitants, c'est le ratio plutôt intéressant de la communauté de communes Adour Madiran (CCAM). L'arrivée cet été dans l'offre médicale locale d'un plateau technique d'imagerie à Vic-en-Bigorre fait quelque peu figure d'exception pour cette intercommunalité rurale. Le fruit d'un partenariat entre acteurs publics et privés, et d'une prise en main par la CCAM de la compétence santé sur son territoire.

« Les médecins sont formés pour avoir du temps médical, et c'est ce que nous leur offrons ici »

Pour Frédéric Ré, le président de la CCAM depuis sa création en 2017, la question ne se pose même pas : « la santé ce n'est pas le problème d'une commune, c'est une problématique de territoire ». Dès 2017, le maire de Lahitte-Toupière et les élus se sont engagés à combattre la désertification médicale, fléau des campagnes françaises, en s'attachant en premier lieu à optimiser les vecteurs d'attractivité de nouveaux médecins en se posant cette question liminaire, « qu'est-ce qui fait que les médecins ne viennent pas ? ». Premier élement de réponse, l'isolement du vieux praticien libéral de campagne. Les nouveaux médecins cherchent « du lien entre eux, ne pas gérer les ressources humaines et la paperasse. Ils sont formés pour avoir du temps médical, et c'est ce que nous leur offrons ici » explique Frédéric Ré.

La collectivité s'est donc dans un premier temps attelée à centraliser sur ses bourgs d'envergure des groupes médicaux – on en dénombre trois à Vic-en-Bigorre, Rabastens et Maubourguet – où peuvent cohabiter médecins salariés et médecins libéraux. Gérés par la CCAM, ces groupes offrent infrastructures et secrétariat aux praticiens souhaitant s'installer dans la zone définitivement ... ou temporairement en respectant un préavis de trois mois. La porosité entre activité salariée et libérale permet en outre aux médecins de changer de statut de manière facilitée, « vous gardez les mêmes bureaux et les mêmes secrétaires sauf que vous êtes rémunérés par la collectivité ».

Après l'imagerie médicale, l'hôpital ?

Deuxième levier d'attractivité : le plateau technique que Frédéric Ré et la CCAM se sont attachés à développer ces dix dernières années. « Quand vous rencontrez des jeunes médecins et que vous leur dites 'sur site vous aurez un laboratoire d'analyse médicale, scanner et IRM, mammographie, échographie …' ça créé du lien. Un médecin qui a besoin d'un examen rapidement a tout sur place ». A ce titre, la livraison mi-août de l'IRM dans un nouveau bâtiment de plus de 200 m2 – le scanner attendra septembre – marque la dernière étape d'un cheminement engagé en 2021 et qui pouvait faire « rigoler » élus comme citoyens à l'époque, se remémore le président de la communauté de communes. En se rapprochant du cabinet de radiologie de Vic-en-Bigorre, la CCAM a conclu un marché simple : « on arrive à avoir les autorisations et à faire le bâtiment, vous achetez le matériel et vous l'exploitez ». Marché conclu donc.

Alors que plusieurs fins de carrière laissaient entrevoir un grave déficit de médecins sur le nord des Hautes-Pyrénées il y a dix ans, la réorganisation de l'offre médicale par l'intercommunalité permet aujourd'hui au territoire de respirer. « Si on n'avait pas fait ce qu'on a fait il nous resterait six médecins. Aujourd'hui on est à dix-sept ou dix-huit » se réjouit Frédéric Ré, dont le prochain axe de travail se porte sur l'hôpital local de Vic-en-Bigorre. « Demain l'hôpital des Hautes-Pyrénées sera à Lannes, ça nous éloigne. Quelle solution trouver avec l'hôpital de proximité pour faire des passerelles ? » interroge-t-il. « On peut imaginer des créneaux d'ouverture plus importants et des mises à disposition, un lien beaucoup plus fort entre la médecine de ville et l'hôpital ».

V.M