Gers : un appel à mobilisation des Amis de la Terre du Gers en marge du procès de Bertrand Venteau

Le président de la Coordination Rurale, Bertrand Venteau, sera jugé ce jeudi 3 septembre à Auch. Ce dernier s'en était pris aux « écologistes » lors du congrès national du syndicat agricole dans le Gers en novembre 2025. L'association Les Amis de la Terre du Gers, à l'origine de la plainte et partie civile, appelle de son côté à se réunir en marge du procès.

Deux visions de l'agriculture qui s'opposent et deux camps qui seront matérialisés physiquement ce jeudi 3 septembre à Auch. Alors que les membres de la Coordination Rurale, soutiens de Bertrand Venteau, seront présents devant le tribunal judiciaire dès 10h, les Amis de la Terre du Gers appellent pour leur part à se rassembler non loin de là, place de la Libération à partir de midi. L'association écologiste, qui a déposé la plainte à l'encontre du président national du syndicat désormais majoritaire à la Chambre d'agriculture du Gers, souhaite « soutenir les plaignants et l'agriculture paysanne ».

C'est l'opposition de deux modèles qui transparait en filigrane derrière ce procès pour « provocation publique non suivie d‘effet à commettre un crime ou un délit » alors que Bertrand Venteau sera jugé sur ses propos : « les écolos, nous devons leur faire la peau ». « Il ne s'agit pas là de "rhétorique syndicale classique". Prendre pour cible les militants écologistes c’est faire preuve d’obscurantisme et de facilité populiste, en pointant des boucs émissaires pour se décharger de ses responsabilités » dénonce de son côté un autre syndicat monté au créneau aux côtés des Amis de la Terre, la Confédération Paysanne. 

Les Amis de la Terre du Gers qui se défendent et défendent un système « durable » :

M. Venteau tout comme les dirigeants gersois de la Coordination rurale, rendent responsables les défenseurs de l’environnement des difficultés réelles des agriculteurs. Ce syndicat, qui ne prend toujours pas en compte les réalités climatiques et la nécessaire protection de l’eau, des sols et de la biodiversité, se trompe d’adversaire et de solutions. Ce sont le système agroindustriel et les lobbys de la chimie qui sacrifient les agriculteurs, les rémunèrent au plus bas et accaparent les richesses agricoles.

L’utilisation sans limite des pesticides, les cultures intensives, l’usage non maîtrisé de l’eau d’irrigation, les élevages industriels, mènent l’agriculture dans une impasse mortifère. L’adoption de la loi Duplomb, avec la ré-autorisation de pesticides néocotinoïdes est une fuite en avant. Elle ne fera qu’aggraver la situation des agriculteurs en ne réglant toujours pas la question essentielle de la rémunération de leur travail et de notre souveraineté alimentaire.

C’est l’ensemble du modèle agricole qui doit évoluer à tous les échelons : local, régional, national et européen. Une réorientation totale de la PAC s’avère indispensable en arrêtant de subventionner l’agriculture productiviste, en proposant des alternatives aux pesticides et aux cultures consommatrices d’eau, en arrêtant les élevages intensifs et en accompagnant ces nouvelles pratiques.

Les écologistes soutiennent le monde paysan et toutes celles et ceux qui s'inscrivent dans une évolution des pratiques agricoles, essentielle pour préserver notre environnement, produire une alimentation de qualité pour les consommateurs, assurer une juste rémunération aux agriculteurs et permettre la pérénnité de leurs exploitations.

Rédaction