Quelques semaines après la diffusion d'une vidéo devenue virale montrant l'un de ses cambriolages à Lectoure, l'auteur des faits, âgé de 20 ans, a été jugé ce mardi 4 août par le tribunal correctionnel d'Auch. Déjà connu de la justice, il a reconnu l'ensemble des infractions qui lui étaient reprochées, dont plusieurs cambriolages, une évasion lors de sa garde à vue et des menaces envers un gendarme. Il a été condamné à deux ans de prison ferme.
La vidéo de l'un de ses cambriolages a été visionnée plusieurs millions de fois. L'une des victimes, le gérant du bar-restaurant « Le Bastion », à Lectoure, avait décidé de publier sur les réseaux sociaux une vidéo, montrant les images du cambrioleur dérobant, dans la nuit du 10 au 11 juin, près de 4 000 € en numéraire dans sa caisse, ainsi que plusieurs objets de valeur (deux téléphones et un rétroprojecteur), des bouteilles d'alcool ou encore des paquets de cigarettes. Il lui avait lancé un ultimatum au préalable sur les réseaux sociaux afin qu'il restitue l'argent et les biens dérobés, sous peine de diffuser son visage non flouté et dévoiler son identité, connaissant l'auteur des faits. Une série de vidéos qui avait connu un écho médiatique national.
Un préjudice estimé à plusieurs milliers d'euros
L'auteur des faits comparaissait ce mardi 4 juillet devant le tribunal correctionnel d'Auch pour cette affaire, ainsi que pour huit autres infractions, dont deux autres cambriolages commis la même nuit. Le premier visait les locaux du CIAS de Lectoure, où il s'était introduit par effraction. N'y trouvant aucun objet de valeur, il était finalement reparti les mains vides. Il s'était ensuite rendu au Bastion, avant de cambrioler un magasin de vêtements, où il avait dérobé près de 350 € en numéraire.
Poursuivi également pour avoir injurié et craché sur un gendarme et s'être évadé
Le prévenu devait également s'expliquer sur plusieurs faits liés à son interpellation, particulièrement mouvementée. Un gendarme avait notamment été la cible de menaces de mort, d'injures et de crachats. Les poursuites ne s'arrêtaient pas là. Il devait aussi répondre de son évasion lors de sa garde à vue. Profitant d'une consultation médicale, il avait sauté par une fenêtre avant de prendre la fuite. Une cavale de quelques heures, durant laquelle il avait volé un véhicule avant de tomber en panne d'essence.
"Un parcours cabossé"
Déjà défavorablement connu de la justice auscitaine, d'abord comme mineur puis comme majeur, avec sept mentions inscrites à son casier judiciaire, le prévenu a reconnu l'ensemble des faits. Dans un premier temps, il n'admettait avoir dérobé que de l'argent dans le bar-restaurant Le Bastion, niant le vol des autres objets. Mais confronté aux éléments de preuve, notamment aux images de vidéosurveillance, par la substitut du procureur, il a finalement tout avoué. S'excusant à plusieurs reprises auprès des victimes présentes à l'audience, il a expliqué avoir agi « pour se nourrir », affirmant se trouver dans une situation financière précaire.
Son avocat, Maître Roseau, sans chercher à minimiser les faits, a apporté des éléments sur le parcours de vie de son client. Une vie cabossée : une addiction à l'héroïne dès l'âge de 14 ans, un père emprisonné puis récemment décédé, une scolarité interrompue dès la classe de troisième. Il a rappelé au tribunal que son client n'avait pas eu une adolescence classique. Alors que la procureure avait requis une peine de deux ans d'emprisonnement ferme, assortie d'une interdiction de paraître dans le Gers à sa sortie de détention, la défense a sollicité une peine plus clémente, estimant que son client exprimait une réelle volonté de se repentir et de se réinsérer.
Une interdiction de paraître dans le Gers à sa sortie de détention
Le tribunal correctionnel d'Auch l'a finalement condamné à deux ans d'emprisonnement ferme. Cette peine est assortie d'une interdiction de paraître dans le Gers pendant trois ans à compter de sa sortie de détention. Il devra également indemniser les victimes constituées parties civiles. À l'issue de l'audience, il a été écroué à la maison d'arrêt de Seysses.
E.R