Auch : un chauffeur licencié de chez Kéolis se met en grève de la faim pour dénoncer ses conditions de travail

25 mars 2026 - 16:47

Licencié fin février, Didier Le Ralle, 66 ans et désormais ancien conducteur de bus à Auch, a entamé une grève de la faim il y a une semaine. Il conteste les motifs de son renvoi et met en cause l’organisation du travail au sein de l’entreprise.

Didier Le Ralle ne s’alimente plus depuis une semaine. À 66 ans, cet ancien chauffeur de bus, en poste depuis 2014, conteste son licenciement prononcé le 27 février 2026 et espère faire entendre sa voix. À l’origine du conflit, « un téléphone professionnel imposé aux conducteurs », selon ses propos.

« C'est un téléphone qui est placé au milieu du pare-brise. On nous appelle pendant qu’on roule. Moi, j’ai refusé », explique-t-il. « On ne peut pas conduire et répondre au téléphone. » Selon lui, cet outil, lié à un système de suivi des bus en temps réel pour les usagers, pourrait être installé autrement. « Là, ça crée une distraction. »

Le sexagénaire alerte la direction de son entreprise, Kéolis. Les mois passent, les tensions s’installent. Didier Le Ralle intervient en réunion en tant qu’élu du personnel. Sans effet, selon lui. Puis vient cet épisode qu’il n’oublie pas, en octobre 2024. « J’ai fait un malaise au volant. La pression, à force, ça finit par lâcher. » Quelques mois plus tard, la situation s’accélère : refus répété d’utiliser l’appareil, procédure disciplinaire, puis licenciement, le 27 février 2026.

"Conditions de travail dégradées"

L’ancien chauffeur décrit une organisation du travail qu’il juge pesante. « On est 23 salariés. On nous demande d’être disponibles en permanence. Les plannings changent, on ne peut rien prévoir. » Il évoque également des salaires « autour de 10 euros de l’heure » et un climat social dégradé. « Il y a une pression constante. »

Aujourd’hui, Didier Le Ralle demande sa réintégration au sein de l'entreprise ou une requalification de son licenciement. « Je ne veux pas d’une faute grave. Je demande une solution comme une rupture conventionnelle. » Il indique avoir sollicité les élus locaux, qui auraient évoqué un examen du dossier en conseil municipal. Bien décidé à tenir, il dit souffrir de vertiges et de douleurs depuis qu'il a démarré sa grève de la faim, il y a une semaine. « Je tiens pour que ça bouge. »

N.M

Commentaires(1)

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Reg In , il y a 48 minutes
Quelle tristesse de devoir en arriver là! Tout mon soutien!