Hautes-Pyrénées : les AESH manifestent ce jeudi


03 juin 2021

Les AESH des Hautes-Pyrénées sont dans la rue ce jeudi matin. Une intersyndicale (composée de sections de SNUIpp-FSU, la CGT et FO) appellent les Accompagnants d'Élèves en Situation de Handicap à se rassembler dès 10 heures devant les locaux de l'inspection académique du département à Tarbes. Une opération de tractage sera aussi organisée. Le mouvement social réclame un meilleur statut, et une amélioration des conditions de travail. Selon Sylvie Serrano, représentante des AESH au syndicat SNUIpp-FSU 65 et travaillant sur le secteur de Vic-en-Bigorre, les conditions d'exercice du métier ont notamment été dégradées avec la mise en place des PIAL en 2018. Les Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisés affectent par secteurs géographiques les 450 AESH du département sur plusieurs établissements scolaires en même temps :

« Dans mon PIAL par exemple, nous avons plusieurs écoles, un collège, un lycée et un lycée professionnel qui sont regroupés. Un coordinateur nous affecte dans les différents établissements. Avant les PIAL, un AESH s'occupait d'un enfant. Désormais, il y a une politique de mutualisation, et on peut se retrouver avec 3 ou 4 enfants. Chaque enfant, a donc moins de temps d'AESH dans sa scolarité. Et un enfant peut avoir aussi plusieurs AESH, parfois dans la même journée, alors qu'avant, il devait s'habituer à une seule personne. Pour un élève en situation de handicap, c'est une situation compliquée, surtout que nous pouvons avoir différentes façons de travailler. »

Autres demandes portées par les Accompagnants d'Élèves en Situation de Handicap : le recrutement massif de nouveaux AESH, un droit à la formation initiale et continue, ou encore la fin des temps partiels imposés dans cette profession très majoritairement occupée par la gente féminine. Ils réclament la possibilité d'occuper des postes à temps complet. Selon l'intersyndicale, la plupart ont un contrat de seulement 20 ou 24 heures par semaine, avec donc aussi une rémunération partielle, explique Sylvie Serrano :

« Cela va entre 650 et 750 euros par mois. Donc vous imaginez la précarité de la situation et le fait que cela soit compliqué pour payer un loyer par exemple. Et puis comme nous sommes sur calés sur le temps scolaire, nous ne pouvons difficilement trouver un second emploi à côté, en dehors d'un travail de nuit.

La plupart du temps, ce sont des gens passionnés qui font ce métier-là. On essaye de tenir en attendant que nos conditions s'améliore. Mais on ne voit aucune amélioration. Lors du Grenelle de l’Éducation Nationale, les AESH n'ont obtenu aucun augmentation de salaire. La seule chose que l'on a obtenu, c'est le financement de la mutuelle à hauteur d'une quinzaine d'euros par mois... »

F.P.

Crédit photo : Académie de Dijon

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