Flambée des prix des carburants et de plusieurs matières premières : l’inquiétude grandit dans les rangs du BTP du Gers. Sa présidente appelle à stopper les dérives spéculatives pour protéger un secteur en grande souffrance.
Après les agriculteurs, les taxis et les ambulanciers, c’est au tour du secteur du BTP, touché également de plein fouet par la situation, de tirer la sonnette d’alarme dans le Gers, face à la flambée des prix des carburants. « Oui, le contexte géopolitique du moment est instable et, de ce fait, certains coûts évoluent. Mais cela ne doit pas servir de prétexte à des augmentations très rapides et parfois déconnectées des réalités économiques. Aujourd’hui, nous appelons clairement à mettre un coup d’arrêt aux logiques spéculatives et opportunistes », réagit Nathalie Lacroix, présidente de la fédération BTP du Gers.
"Un risque réél pour l'économie locale"
À ces hausses des carburants, le secteur se prépare également à devoir faire face à des augmentations significatives sur plusieurs matières premières. « On est touchés de plein fouet par la hausse des prix des carburants, mais aussi par celle des matériaux. Les fabricants nous annoncent des hausses très importantes : de 15 à 35 % pour les isolants, les produits d’étanchéité, et tout ce qui est plastique, impacté par le pétrole, avec une hausse prévue de 10 à 20 %. C’est vraiment très inquiétant", déplore la présidente.
La fédération du BTP déplore également, depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, des dérives spéculatives. Avec des remontées de nombreuses entreprises du secteur indiquant que « de très nombreux fabricants et fournisseurs ont mis en place simultanément des pratiques commerciales juridiquement contestables et financièrement insoutenables pour les entreprises ». Avec des conséquences directes "pour les entreprises et les PME, prises en étau entre fournisseurs et clients, mais également pour les particuliers et les collectivités, qui, face à ces hausses, renoncent ou reportent leurs projets de construction."
Dans un département où le bâtiment constitue un pilier économique majeur, Nathalie Lacroix, présidente de la fédération du BTP, alerte sur le risque réel pour l’économie locale si ces dérives spéculatives ne prennent pas fin rapidement. « Derrière chaque chantier qui s’arrête, ce sont des emplois, des savoir-faire et une dynamique territoriale qui vacillent", témoigne Nathalie Lacroix.
Un appel à la responsabilité collective
Face à cette situation, la fédération appelle à la « responsabilité collective » : « Nous demandons à l’ensemble des acteurs de la chaîne des matières et matériaux — industriels, distributeurs, fournisseurs — de faire preuve de mesure, de pédagogie, de transparence et de discernement. L’économie du bâtiment ne peut pas devenir un terrain de spéculation opportuniste. »
Nathalie Lacroix a interpellé ces derniers jours le cabinet du préfet sur ces nombreuses problématiques, appelant le gouvernement à intégrer le secteur du BTP dans le plan de soutien à l’activité économique. « Pour l’heure, nous en sommes exclus, alors que nous sommes pourtant de très gros rouleurs », témoigne la cheffe d’entreprise. Qui s'adresse également aux "donneurs d'ordres publics" afin qu'ils intégrent la clause de révision de prix dans leurs marchés, comme la législation le permet. Pour éviter que les entreprises se retrouvent à assumer à elles seules les surcoûts actuels.
E.R