Un policier auscitain sur l’agression de Champigny évoque des actes « lâches » et souvent « impunis ».

Un policier auscitain sur l’agression de Champigny évoque des actes « lâches » et souvent « impunis ».

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mardi, 09 janvier 2018
Dans le Gers

Neuf jours après les faits, l’émotion reste palpable. Non seulement pour les collègues des deux policiers agressés le soir du 31 décembre à Champigny, dans le Val-de-Marne, mais aussi pour l’ensemble de la profession. Depuis, des rassemblements de soutien se tiennent un peu partout en France, auxquels se joignent des dizaines de citoyens touchés par les images violentes qu’ils ont pu visionner après l’agression.

Une délégation gersoise présente au rassemblement ce matin à Toulouse

Cinq départements de l’ex-région Midi-Pyrénées étaient représentés ce matin devant l’hôtel de police de Toulouse. Parmi elles, quatre policiers auscitains dont Kevin Payet du syndicat Unité-SGP. « On est là pour montrer notre désarroi, notre colère vis-à-vis des agressions lâches, et souvent impunies ».

Alors que le parti Les Républicains demande aujourd’hui la remise en application de la peine plancher, retirée sous François Hollande en 2014, le représentant syndical affirme que le problème n’est pas « sa remise en vigueur » mais bien l’accomplissement des peines. « On parle de peine plancher aujourd’hui mais le vrai souci est dans l’accomplissement de la peine et dans son exécution. Si la justice mettait en application les peines prévues, la réitération des faits n’existerait presque pas. On a ce sentiment d’impunité. Si le délinquant se fait prendre, il sait qu’il sera couvert. Mais si un policier l’interpelle dans de mauvaises conditions, c’est lui qui sera inquiété. On se sent délaissé par les pouvoirs publics, la justice ».

Autre problème soulevé, la surpopulation carcérale. « Il va falloir assurer un plan de construction au niveau des maisons d’arrêt ». A ce sujet, sur notre antenne, nous vous proposions récemment le témoignage d’un surveillant pénitentiaire de la maison d’arrêt Beausoleil à Montauban. Il considérait que les cellules étaient « submergées » et que travailler dans de telles conditions devenait « un enfer ». « Le gouvernement doit s’adapter à la délinquance qui, elle, continue à évoluer reprend Kévin Payet. Il faut construire des prisons, on a pas d’autre solution ».

D’autant qu’une grande partie de la corporation semble traverser des temps difficiles. Jeudi dernier, un gendarme de 24 ans s’est donné la mort à La Châtaigneraie (Vendée) dans une voiture garée sur un parking à proximité de la caserne où il était affecté. « Quand on en arrive à ces cas extrêmes, en constante augmentation dans la corporation, c’est qu’il y a un malaise. Nos politiques ne se posent pas les bonnes questions… ».

Macron veut créer une agence pour encadrer les TIG

Pour lutter contre la surpopulation carcérale, le chef de l’Etat avait annoncé en octobre dernier devant la Cour européenne des droits de l’Homme, vouloir « créer une Agence » chargée de développer et « d’encadrer les travaux d’intérêt général », s’attaquant ainsi au problème de la surpopulation carcérale par des peines alternatives.

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