Rixe à la discothèque de Pavie : « Ils étaient venus pour descendre tout le monde ».

Rixe à la discothèque de Pavie : « Ils étaient venus pour descendre tout le monde ».

6
16694
0
jeudi, 23 février 2017
Faits divers

Des dizaines de blessés, sept évacuations au centre hospitalier d’Auch. Comme nous vous le relations en début de semaine, la rixe de Pavie a laissé des traces, tant morales que physiques. Nous avons rencontré ce matin la première victime de cette « bagarre à grande échelle », dimanche matin, sur le parking du Charleston II, à Pavie. Témoignage.

Pierre, pouvez-vous nous raconter ce qui s’est vraiment produit au Charleston II, dans la nuit de samedi à dimanche? 

J’étais dans la discothèque, avec ma conjointe et sa cousine. Deux mecs n’arrêtaient pas de draguer ma copine. Toute la soirée ça a été comme ça.  Je n’ai pas bougé, à aucun moment, j’ai laissé faire, j’ai totalement confiance en ma copine. Ils se roulaient par terre, on aurait dit des fous. Et puis au bout d’un moment, ça devenait tellement lourd, qu’elle leur a demandé d’arrêter. Ca a commencé un peu à dégénérer dans la boite, ça criait d’un peu partout.

Et c’est donc à cet instant que tout a dérapé…

Je suis venu voir ce qui se passait, et là j’ai pris une rafale. J’ai atterri entre les chaises et les tables de la boite. Ils ont continué à me tabasser au sol. J’ai senti que j’avais le visage gonflé. Les videurs sont arrivés et m’ont mis au fond de la salle pour m’aider. Moi je suis resté un petit moment dans la boite, mais je ne trouvais plus ma copine. Je suis sorti dehors la chercher. Les videurs étaient devant la sortie, bloquant 4 personnes. C’était mes agresseurs, ils planquaient derrière eux des manivelles, des bouteilles en verre, ceintures et nunchaku. J’ai demandé qu’on leur enlève ces armes. A ce moment, l’un des 4 s’est approché et m’a violemment frappé. Je suis tombé par terre. Les autres de la bande se sont joints à la bagarre et ils ont continué à me frapper, alors que j’étais au sol. J’ai réussi à me sortir de l’engrenage sans savoir trop comment.

Et les hostilités ont continué?

Oui. Deux voitures sont arrivées en renfort. Ils venaient de les appeler. J’ai pris un coup de barre de fer dans la tête. J’ai senti que ça se saignait, je me suis planqué derrière un véhicule. Et là, ça a tourné au massacre : ils ont tabassé tous ceux qui se trouvaient sur le parking.

Vous n’aviez jamais vu vos agresseurs auparavant?

Jamais, c’était des mecs de l’est. Ils nous disaient qu’ils allaient nous crever. Ils n’avaient qu’une envie, c’était de tabasser les gens. Ma copine essayait de me protéger, elle s’est pris des coups au visage et au corps. Un copain a essayé de les bloquer avec une voiture mais ils se sont échappés comme des malades. Une de leur voiture s’est même encastrée dans une grosse pierre, près du panneau de sortie. Voiture qui, au passage, a tenté de me foncer dessus.

 

Vous pensiez qu’ils avaient prémédité leur acte?

Je ne sais pas. Mais ils sont allés chercher leurs armes très vite. La boite était pleine de monde, avec la fermeture temporaire de la paillote, je ne sais pas s’ils avaient l’habitude de venir ici. C’était vraiment n’importe quoi, ils ont attrapé les filles par les cheveux. Ma copine a même perdu un bracelet de très grande valeur.

Les videurs, que faisaient-ils? 

Ils ont fait ce qu’ils pouvaient mais ils n’étaient que deux. Ils ont bien tenté de les gazer avec une bombe lacrymogène mais ça n’a pas marché visiblement. Puis les mecs étaient tellement nombreux.

Une fois que les « renforts » sont arrivés, que s’est t-il passé? 

Ils sont allés taper tout le monde, sans raison. C’était pour la plupart des jeunes de 18-20 ans je pense. Ils sont partis juste avant l’arrivée des gendarmes et de la police.

Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui? 

J’ai mal. Tant sur le plan physique que psychologique. Je me réveille en sursaut la nuit et j’ai beaucoup de mal à dormir. Des soirées comme ça, plus jamais.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *